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Poëmes et légendes
Entstehung
Seite
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Varnhagen, mon vieil arni, je vois flotter sur tes lèvresla même exclamation avec le même fin sourire.

Parfois même tu ris aux éclats en lisant; dautres foiston front se ride dun pli méditatif, et tu rappellesalors tes souvenirs et tu dis :

« Nest-ce pas comme un écho de ces rêves de jeu-nesse que je faisais avec Chamisso, Brentano et Fouqué,dans les nuits bleues, aux rayons de la lune?

« Nest-ce pas le tintement pieux de la chapelle per-due dans les bois? et la cape de la folie ny mêle-t-ellepas ses grelots moqueurs?

« Au milieu du chœur des rossignols résonne lourde-ment la basse-taille des ours, sourde et grondeuse ; puiselle est remplacée par le chuchottement mystérieux desesprits.

« Délire conduit par la raison, sagesse qui déraisonne,soupirs dagonie, qui soudain se changent en éclats derire ! »

Oui, mon ami, ce sont des accords des temps passés;mais le trille moderne se joue à travers les vieilles etfabuleuses mélodies.

En dépit de ma gaieté, çà et tu sentiras les tracesdu découragement. Que ce poëme sabrite sous ton'indulgence accoutumée !