PRÉFACE.
IX
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pu résister à la tentation de reproduire les quelqueslignes qui accompagnent le Livre de Lazare.
En reproduisant également la préface qui précède lepoëme Germania, conte d’hiver, j’avais oublié de remar-quer que ces paroles étaient destinées au public allemandet non pas au lecteur français, qui trouvera probable-ment ce poëme de Germania parfois trop germanique ettrop peu intelligible. J’avoue qu’il y a là une fourmilièred’ailusions tudesques, qui auraient besoin de plusieursvolumes de commentaires. En outre, il s’y trouve unefoule de passages où la pensée de l’auteur pivote sur desrimes bouffonnes et grotesques, dont l’absence doitrendre la version française quelquefois très-flasque sinoninsipide.
C’est toujours une entreprise très-hasardée que dereproduire dans la prose d’un idiome roman une œuvremétrique qui appartient à une langue de souche germa-nique. La pensée intime de l’original s’évapore facile-ment dans la traduction, et il ne reste que du clair delune empaillé, comme a dit une méchante personnequi se moquait de mes poésies traduites.
Je te salue, cher lecteur, et je prie Dieu qu’il t’aiedans sa sainte et digne garde.
Henri Heine
Paris, ce 25 juin 1855.