DE I,'ALLEMAGNE.
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sur la matière, et n’employer cette matièreque comme un moyen de reproduction, ilseurent à combattre un obstacle difficile. Ainsinaquirent, dans la peinture et dans la sculp-ture, ces effroyables thèmes, ces images demartyre, ces crucifiemens, ces saints expirans,toutes ces choses enfin qui peignent la destruc-tion de la dépouille matérielle. Ce fut un vé-ritable martyre de la sculpture ; et chaque foisque j’ai vu ces effigies décomposées où l’absti-nence chrétienne et le mépris des sens sontcaractérisés par des têtes pieuses et frêles, parde longs bras minces et décharnés, par desjambes amaigries, par des corps douloureuse-ment abattus, je n’ai pu me défendre d’unecompassion infinie pour les artistes de cet âge.Les peintres, il est vrai, étaient un peu plusfavorisés, carie matériel de leurs moyens dereproduire, la couleur dans ses jets insaisissa-bles, dans ses chatoiemens merveilleux, nerésistait pas si lourdement au spiritualisme quela pierre , le marbre et tous les matériaux dessculpteurs. Cependant les peintres furent bienforcés aussi de charger de repoussantes et dou-loureuses figures leurs toiles qui gémissaient.En vérité , lorsque l’on contemple certaines