256
DE L’ALLEMAGNE.
permis aujourd’hui de louer et de priser sansréserve ce bon maître Gottl’ried. Dans sontemps, on l’a certainement tenu pour un im-pie, et son livre pour une œuvre dangereuse;et, en effet, il y a jeté des choses qui font ré-fléchir. Francesca de Rimini et son bel amipayèrent chèrement le plaisir qu’ils eurent unjour de lire un pareil livre ensemble ; —il estvrai que le plus grand danger consista en cequ’ils cessèrent tout d’un coup de le lire.
Dans toutes ces compositions du moyen-âge , la poésie a un caractère décidé qui ladistingue de la poésie des Grecs et des Pto-mains. Pour marquer cette différence, nousnommons celle-ci la poésie classique, et l’au-tre la poésie romantique. Mais ces dénomi-nations ne sont que des rubriques vagues , etont conduit jusqu’à ce jour à un désordred’idées qui croît encore, depuis qu’on nommela poésie des anciens plastique, au lieu declassique. C’est là surtout qu’on donne lieuà des méprises. D’abord , les artistes doiventtoujours travailler leur sujet cl’une façon plas-tique : que l’étoffe soit païenne ou chrétienne,ils doivent la présenter sous des contours clairs;bref, la forme plastique doit se retrouver dans