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5 (1835) De l'Allemagne, 1
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DE L’ALLEMAGNE.

que de couvent, où il était enchaîné ; le titrereprésente le roi du feu, aux lèvres duquelpend un cadenas, et sur sa tcte est perché l’oi-seau Pic, tenant dans son hec la baguette di-vinatoire. Mais c’est dans ses chansons que cepanthéisme de Goethe perce de la façon laplus pure et la plus aimable. La doctrine deSpinosa est sortie de la chrysalide mathéma-tique , et voltige autour de nous sous la formed’une chanson de Goethe. De là la fureur desorthodoxes et des piétistes contre cette chan-son. Ils essaient de saisir avec leurs pieusespattes d’ours ce papillon qui leur échappe sanscesse ; car rien n’est si légèrement ailé, siéthéré, qu’une chanson de Goethe. Les Fran-çais n’en peuvent avoir aucune idée s’ils neconnaissent pas la langue. Ces chansons ont uncharme inexprimable ; le rhythme harmonieuxdu vers vous enlace comme les bras d’une maî-tresse bien-aimée ; le mot vous caresse , tandisque la pensée presse ses lèvres sur votre âme.

Nous ne voyons donc , dans la conduite deGoethe à l’égard de Fichte , aucun des motifshaineux que beaucoup de contemporains y re-levèrent avec un langage bien plus haineuxencore. Ils 11’avaient pas compris la différence