DE L’ALLEMAGNE.
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naît dans ce pays-ci ; son esprit n’était pas mipetit lévrier français qui court après son om-bre ; c’était plutôt un gros matou allemandqui joue avec la souris avant de l’étrangler.
Oui, la polémique fut la jouissance de no-tre Lessing. Aussi, ne se demanda-t-il jamaislong-temps si l’adversaire était digne de lui.C’est ainsi que cette polémique arracha biendes noms à un oubli très mérité. Il a commeenveloppé dans l’ironie la plus spirituelle,dans la verve la plus charmante , bon nombrede petits écrivailleurs, et ils se conserverontpour l’éternité dans les écrits de Lessing,comme ces insectes coulés dans un morceaud’ambre. En tuant son adversaire , il lui don-nait l’immortalité. Qui de nous eût jamaisentendu parler de ce Klotz, sur qui Les-sing dépensa tant de bonnes moqueries ?Les blocs satiriques qu’il amoncela sur ce pau-vre académicien pour l’écraser, lui font au-jourd’hui un monument indestructible.
C’est une chose digne de remarque que cethomme , le plus spirituel de l’Allemagne , enfut aussi le plus honorable. Rien ne ressembleà son amour pour la vérité. Lessing ne fitjamais au mensonge la moindre concession,