DE L’ALLEMAGNE.
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rais, n’a jamais élé un sol propice à la philoso-phie, et celle-ci n’y réussira peut-être jamais.C’est bien ce que sentit René Descai’tes, et ils’en fut dans les Pays-Bas, dans le pays calme ettaciturne des Trekschuites et des Hollandais.C’est là qu’il écrivit ses ouvrages; c’est là seu-lement qu’il put affranchir son espi’it du for-malisme traditionnel, et élever tout un édificephilosophique de pures pensées qui ne sontempruntées ni à la foi ni à l’empirisme , con-dition qu’on a exigée depuis de toute philoso-phie véritable. C’est là seulement qu’il puts’enfoncer si profondément dans les abîmes dela pensée, qu’il la saisit dans les derniers re-plis de la conscience de soi, et qu’il put enmême temps constater la conscience de soi parla pensée dans la célèbre proposition : Cogito,ergo sum.
Peut-être aussi Descartes ne pouvait-il nullepart ailleurs qu’en Hollande risquer d’ensei-gner une philosophie qui rompait en visière àtoutes les traditions du passé. C’est à lui qu’ap-partient l’honneur d’avoir fondé l’autonomiede la philosophie, qui n’eut plus besoin dèslors de demander à la théologie la permissionde pçjnscr, et put désormais se placer à côté