DE i/ALLEMAGNE.
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pouvez a peine vous faire une idée. Vous avez,ainsi que nous, plusieurs sortes d’esprits élé-mentaires , mais les nôtres diffèrent autant desvôtres qu’un Allemand diffère d’un Français.Que les démons de vos fabliaux sont nets etpropres en comparaison de la canaille infer-nale de nos esprits infects et mal léchés! Vosfées , vos lutins, de quelque pays que vous lestiriez, du pays de Galles ou de l’Arabie, sem-blent parfaitement naturalisés chez vous, etse distinguent des apparitions germaniques,à peu près comme un dandy qui flâne sur leboulevart de Coblentz, avec des gants jaunesglacés, se distingue d’un lourd porte-faix al-lemand. Vos Ondine et vos Mélusine , parexemple , sont des princesses; les nôtres sontdes blanchisseuses. Quelle frayeur éprouveraitla fée Morgane, si elle rencontrait une sorcièreallemande, toute nue, enduite d’onguent, etcourant), à cheval sur un balai, au sabbat duBroken, cette montagne qui sert de rendez-vous à tout ce qui a été conçu de plus hideuxet de plus sombre ! A sa cime est assis Satan ,sous la forme d’un bouc noir. Chaque sorcières’approche de lui, un cierge à la main, et lebaise l'a où cesse le dos. Puis, toutes ces sœurs