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CARTULAIRE GEOLOGIQUE. — APPENDICE.
terres, fiefs, châteaux ou seigneuries, soit qu’elles aillent y exercer desfonctions ou offices publics.
Ce sont surtout les abbayes qui avaient entrepris ce défrichement et dessè-chement de la Flandre. L’une des plus célèbres, l’abbaye de Saint-Ravon deGarni, les faisait cultiver par des familles de colons partiaires et de serfstributaires, auxquels elle rendit la liberté dans le courant du AUI 0 siècle.« Dans le Pays de Waas seulement dix-sept employés ( collectores) étaient>> chargés en 1220 de la recette des redevances de toute nature qui lui appar-» tenaient » 1 .
La famille de Pauw, ou, selon l'orthographe ancienne, de Pau et de Pneu,a tiré son origine et son nom d'un sobriquet ou surnom, que dans le cercleétroit de la vie féodale ou communale une agglomération d’hommes a appliqué,à tort ou à raison à l’un de ses membres, en vue d’une qualité ou d’un défautphysique ou moral qui lui donnait quelque ressemblance avec l'oiseau deJunon. C’est dans les fables et les romans qui avaient cours à celte époquequ’il faut en chercher la signification. Ainsi, dans YYsopet, recueil d’apologuesd’Esope du XIII e siècle, Junon stigmatise ainsi l’ambitieux : « Le paon (dea cette fable) ressemble à l’homme qui désire plus que Dieu ne lui donna » 2 .Ce nom générique appartient, en elTet, à cette catégorie de noms de famillenés de surnoms donnés à un individu quelconque dans la chaîne des généra-tions, et qui, de personnel et de plus ou moins juste à ce titre, est devenul’apanage des générations issues de lui, pour n’être plus, dès lors, qu’une
^ 1 Vais Loeersn, Histoire de l’abbaye de Saint-llavon, t. I, p. 95. Cet auteur donne les listes decensitaires et de prebendiers de l’hospice au XIII" siècle : ( ministri curiae Sancti Bavonis), en faisantremarquer que presque tous les noms propres qui y sont consignes sont encore connus de nos jours(tome 1, pages 93, 209, 214).
2 Voir dans VYsopet, la fable « Juno aen din Pau », dont la morale est :
« Dese Pau slacht <ien mon,
» Die meer b'-yeerl dan hem God an ».
M. Serrure, dans son Vaderlandsch Muséum, t. I, p. 214, cite un proverbe usité dans les Flandreset le Brabant :
» De pauwen komen in het land» Met de Waels, op Thourouts (eeste, »
avec la variante :
» De dazen komen in het land» Met de Walen, op Thourouts kermis, »où l’éditeur parait avoir confondu le mot paon tpauwj avec taon (daas).