JACQUES II VAN ARTEVELDE, Brasseur d’Hydromel.
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On ne regarde point en Flandres les Artevelles comme des descendants d’un brasseur debière : on y voit dans diverses archives plusieurs titres, qui semblent prouver incontesta-blement qu’Artevelle, dont parle ici le Père Daniel, était gentilhomme d’une noblesse mêmedistinguée dans la province; dont la postérité a toujours été admise dans les Chapitres oùl’on est le plus délicat sur les preuves de noblesse. Ce qui peut avoir trompé les historiensc’est qu’ils n’ont pas fait attention à l’usage de Flandre, où les corps de métiers se sonttoujours mis sous la protection de quelque grand seigneur, qui ne faisait pas difficulté,surtout en ce teraps-là, de permettre qu’on ajoutât à son nom celui du métier qu’il protégeait.
Le P. Guiffet, .Votes de l’Histoire de France du Père Daniel (Paris,1755), t. V, p. 313.
« Il me reste à essayer de rendre palpables les mots de l’erreur qu’ont commise leshistoriens en disant qu’Artevelde était brasseur de bierre :
» Vers la fin du XIII e siècle, on créa à Florence des magistrats qu’on créa prieurs des arts
' Les auteurs du XVI e siècle et leurs successeurs, ne comprenant plus la puissante organisation desmétiers au moyen âge, et la jugeant d’après la constitution nouvelle de la ville de Gand, considèrentle titre de brasseur comme une injure, et croient à une condescendance des nobles , qui se font inscriredans les métiers par popularité.
La question de savoir si des nobles se faisaient affilier aux métiers pour jouir des faveurs attachéesà ces fonctions (places dans l’échevinage, de grands-doyens, etc.), doit être résolue par une distinctionqui a échappé aux auteurs du XVI e siècle. Ce n’est qu’à partir de 1H40, que la puissance des métiersétant brisée par la concession Caroline, les doyens élus étant remplacés par des capitaines ( hooftmans)nommés par le magistrat, que l’on trouve des nobles titrés occuper ces fonctions; on voit alors, etjusqu’à la Révolution française, sauf pour le court espace de 1878 à 1884 où les anciens privilègessont rétablis, figurer parmi ces protecteurs des ouvriers, les Borluut, Hcmbyse, liijm, Triest, etc.,avec tous leurs titres et dignités. Mais, pour les siècles antérieurs, on ne trouve parmi les membresdu métier aucun noble, sauf en 1829, Jonker Philips de Grutere, filins Mer Philips, d’aude, ce quis’explique par le monopole qu’il exerçait, et qui avait trait au métier des brasseurs. La théorieimaginée par Philippe de L’Espinoy, Van Meteren, etc., et reproduite plus tard par les Pères Daniel,Griffet, De Jongiie, les Cornelissen, van IIoorebeke, de Barante, Kervyn de Letteniiove, etc , n’estdonc vraie que pour le XVI e siècle et les suivants; elle n’est point établie pour les siècles précédents.
Dans une circulaire ministérielle du I er mars 1810, le Ministre François de Neufchatel, ancienSénateur, qui avait suivi avec intérêt les progrès de l’industrie en Flandre et publié de curieusesObservations sur Lièvin Bauwens, dit : « Histoire de France, année 1316. Jacques van Artevelde,raffincur de miel et brasseur de bierre à Gand, parvint à un tel degré de richesse et de puissance qu’ildevint un monarque plus puissant que le fut jamais aucun comte de Flandre ». — C’est par un défautde critique évident que Tony Bergmann, dans son Histoire de Lierre (Lier, 1875, p. 520), voit danscette affirmation un « outrage à l’égard du noble héros flamand ». C’est, à nos yeux, un hommage à lavérité et à la grandeur des communes flamandes.