SGG
OEUVRES DE HENRI HEINE
Et gracieusement ils firent entendre tous à la foisleurs petites voix flûtées et leurs petites rouladescristallines. Leur chant était si fin et si pur !
Ils chantaient les désirs d’amour, ils chantaientl’amour et ses jouissances, et les dames fondaienten larmes, toutes pâmées devant ces merveilles del’art.
LXXII
Sur les boulevards de Salamanque, les airs sontdoux et caressants; c’est là que je me promène lessoirs d’été avec ma gracieuse doiia.
J’ai arrondi mon bras autour du souple corps
de la belle, et mes doigts bienheureux sentent le fier
«
mouvement de son sein.
Mais un murmure inquiétant se glisse à travers lefeuillage des tilleuls, et un sombre moulin à eaugromelle méchamment de tristes présages.
Ah ! senora, voici ce que me dit ce pressentiment :Un jour je,serai chassé par arrêt académique, etsur les boulevards de Salamanque nous n’irons plusnous promener ensemble.
LXXIII
Auprès de moi demeure don Ilenriquez, qu’on