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OEUVRES DE IIENRI HEINE
Des luths résonnaient, des jeunes gens chantaient.O merveilleuse allégresse! Et le ciel devint plusLieu, et mon âme s’agrandit.
Devant nous, comme des apparitions fabuleuses,passaient les montagnes et les châteaux, les forêts etles prairies, et comme dans un miroir je voyaisbriller et se refléter tout cela dans les yeux de mabelle compagne.
xxxix
Je vis en songe ma bien-aimée : c’était une pauvrefemme accablée de tristesse, et son beau corps, sirichement épanoui naguère, s’inclinait tout flétri.
Elle portait un enfant sur son bras, elle en con-duisait un autre par la main ; sa démarche, sonregard, ses vêtements, tout trahissait la misère etl'angoisse.
Elle allait chancelant par la place du marché ; là,elle me rencontre, elle me regarde, et moi, d unevoix calme et attristée, je lui dis :
« Viens dans mon logis; tu es pâle et malade ; parmon zèle, par mon travail, je te procurerai de quoimanger et te vêtir.
» Je veux aussi soigner et veiller les enfants qui