ALMANSOR
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m’envoyant son parfum, une brise chérie me l'avaitmurmuré à l’oreille, et chaque nuit je le voyaislisiblement dans le livre bleu aux lettres d’or.
ZULEIMA.
Non, non I le saint homme n’a pas menti; qu’ilest beau, le beau royaume des cieux ! entoure-moide tes bras chéris, berce-moi sur tes genoux où jerepose si doucement, et pendant des milliers d’an-nées puissé-je ainsi rester, ivre de bonheur, dans leciel du ciel 1
ALMANSOR.
Oui, nous sommes dans le ciel, les anges font re-tentir les airs de leurs chants et du frémissement deleurs ailes de soie... C’est ici que Dieu habite dansles fossettes de ces joues... (Bruit d’armes dans le lointain.Effroi d’Aimansor.) Mais là-bas demeure Eblis, sa voixformidable pénètre jusqu’aux cieux, et il étend versmoi sa main de fer.
ZULEIMA, effrayée.
D’où vient que tu as tressailli tout à coup? Pour-quoi trembles-tu ?
ALMANSOR.
Nomme-la Eblis, nonnne-la Satan, nomme-lahomme, cette puissance traîtresse et perfide qui