Druckschrift 
Drames et fantaisies
Entstehung
Seite
106
Einzelbild herunterladen
 

■106

OEUVRES DE HENRI HEINE

Almansor est tout à fait éteinte dans ton âme? Est-ce que jamais le souvenir de l’amour d’Almansorn’est sorti en soupirant de ton sein?

Là-liaut, il y a des messagers d’amour par mil-liers, et à chacun d’entre eux j’ai donné mille salutsd’amour, et à chaque salut, par mille blessuresd’amour, mon sang, mon sang brûlant s’est écouléavec une délicieuse souffrance; et cependant, au-cun de ces messagers n’a porté mes ardents saluts àma Zuleima si ardemment aimée ! Honte à vous,messagers infidèles, étoiles qui étincelez là-hautd’un air si fin, si rusé, et qui vous glorifiez de con-duire les destinées des humains I Vous n’avez putransmettre mes saluts, tandis que de timides co-lombes, dépositaires loyales et sûres, portent lamissive d’amour du berger jusqu’au fond du désert !

La valetaille du château est allée se coucher, leslumières sont prudemment éteintes, il n’y en aplus qu’une seule qui brille encore à cette fenêtre.Je la connais, cette fenêtre ; c’est la chambre deZuleima. Je suis resté là pendant mainte belle nuitd’été, faisant retentir mon luth jusqu’à ce que labien-aimée parût au balcon et me répondît avec sadouce voix. (11 prend un luth.) Le voici, le vieux luth,