ALMANSOU
I 05
avec votre cœur vous avez coupé la dame, et le vieux,lem,vous l’avez coupé joyeusement avec la croix (1).Demain la partie sera gagnée, oui, demain, etalors je vous féliciterai de votre mariage.
DON ENRIQUE, les regards pieusement levés au ciel.
Je te remercie, toi qui es là-haut, ô mon père !
DON DIEGO.
Oui, là-haut, c’est le mot juste. Ton père se ba-lance encore allègrement à la haute potence de San-Salvador.
Almansor paraît.
ALMANSOR.
Cette mascarade bariolée de chauves-souris et dehiboux, avec sa vague lumière, s’est enfin dissipéedans l’ombre. Leurs sifflements aigus me déchi-raient odieusement les oreilles, et c’est à peine si jepouvais respirer dans ce voisinage. O Zuleima ! voilàles oiseaux de nuit qui volent par essaims autourde toi! blanche colombe, voilà les corbeaux quit’entourent ! rose charmante, voilà les reptiles quit’enlacent! Est-ce donc qu’un sortilège te tient en-chaînée, Zuleima? Est-ce que l’image du suppliant
(1) La croix, c’pst-à-dire le trèfle. Ces doux termes n’en fontqu’un en allemand, et de là ce jeu de mots intraduisible.