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Drames et fantaisies
Entstehung
Seite
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ALMANSOR

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I! fait nuit. On aperçoit l’extérieur du château d’Aly. Les fenêtressont éclairées. Dans le château, une joyeuso musique de danse.Almansor est là, pensif. La musique cosse.

ALMANSOR.

En vérité, la musique est bien jolie; seulement,c’est dommage, quand j’entends pétiller les sons mé-talliques des cymballes, je sens en mon cœur millemorsures de vipères ; quand j’entends la voix douceet prolongée du violon, une lame tranchante metraverse la poitrine; quand j’entends au milieu desmélodies éclater le bruit des trompettes, c’est commeun coup de foudre qui me frappe aux jambes jus-qu’à la moelle des os; et quand j’entends le tonnerresourd et menaçant des timbales, des coups de mas-sue me tombent sur la tête.

Moi et cette maison, que de contrastes nous sé-parent! (Montrant tour à tour le château et sa poitrine.) Là,

demeure la joie avec ses harpes mélodieuses; ici,habite la douleur avec ses serpents venimeux. Là,la lumière avec ses lampes d’or; ici, la nuit avec saténébreuse couvée. Là, la belle, la charmante Zu-

leima... (il s’arrête, pensif, puis montrant sa poitrine.) Il y a

des ressemblances pourtant : Zuleima est là aussi.