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Drames et fantaisies
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OEUVRES DE HENRI HEINE

AMIANSOR.

Ne crains rien ; personne ne me connaît plus. Lechagrin sur mon visage a creusé des rides profon-des ; le sel de mes larmes a ravagé mes yeux ; madémarche chancelante est celle d'un somnambule ;ma voix est brisée comme mon cœur; qui recon-naîtrait en moi le brillant Almansor ? oui, llassan,oui, j’aime la fille d’Aly 1 une lois encore, je veuxla contempler, la gracieuse vierge; puis, quand unefois encore je me serai enivré de cette vue char-mante, quand j’aurai plongé mon âme dans ses re-gards, quand j’aurai respiré avec délices le parfumde tout son être, alors je m’en retournerai dans lesdéserts de l’Arabie et j’irai m’asseoir sur ces rochersà pic où s’asseyait Mœdsclmoun soupirant le nomde Leïla ! Sois donc sans crainte, vieil Hassan ! sousle costume espagnol, sans que personne me remar-que, sans que nul me reconnaisse, je parcourrai lechâteau : la nuit est mon alliée.

IIASSAN.

Ne te fie pas à la nuit, elle cache sous son man-teau noir beaucoup de figures hideuses, des sala-mandres, des serpents, et avant que tu t’en aper-çoives elle les jettera sous tes pieds. Ne te fie pas