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OEUVRES DE HENRI HEINE
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porte cette victoire; Grenade n’est tombée que sousles coups de Grenade. Quand le père assassine sesenfants, ses propres enfants endormis au berceau ;quand le fils lève sa main criminelle contre la têtesacrée du chef de famille; quand le frère, sur le ca-davre du frère, franchit sans remords les marches en-sanglantées du trône; quand les grands du royaume,oubliant leur devoir, suivent honteusement le dra-peau de leur éternel ennemi ; alors les anges gar-diens de la ville, voilant leur visage rouge de honte,prennent leur vol, et les bataillons ennemis entrentdans la place.
ALMANSOll.
Je pense encore à cette journée funeste. J’étaisen bas, à la porte du château ; tout à coup, brideabattue, arrive un cavalier monté sur un chevalnoir. Farouche, les yeux égarés, hors d'haleine, ildemande mon père. Il monte rapidement l’esca-lier et mon père le reçoit dans ses bras. Je ne le re-connus qu’à ce moment : c’était le bon Aly.
IIASSÀN, avec amertume.
Le bon Aly !
ALMANSOR.
« Aly, parle, quelles nouvelles? » s’écrie mon