INTRODUCTION
O'I
ne régnait pas encore sur les Ilots apaisés (I).
Puisque les tragédies de Henri Heine sont venueséclairer un chapitre littéraire de nos voisins, onnous permettra de signaler un des plus curieux in-cidents de cette période. La passion sliakspearienneétait si violente chez les dramaturges que l’und’entre eux, un élève d’Immermann, un camaraded’Henri Heine, l’impétueux et barbare ChristianGrabbe, fut pris un jour de remords et se mit àprotester contre la barbarie dont il avait lui-mêmedonné l’exemple; on dirait un homme entraîné surles pentes périlleuses et qui se retient avec effort.La Shakspearo-manie ( 2 ), tel est le titre de ce cu-rieux manifeste. « Non, dit le fougueux poète quitant de fois avait imité Shakspeare à tort et à tra-vers, non, Shakspeare 11e mérite pas d’être regardécomme le plus haut modèle connu de la tragédie.
(1) Voyez dans la Revue des Deux Mondes du 15 avril 18S8l’étude intitulée : le Poêle Immermann et la comtesse d'Ahle-feldt.
(2) Voyez Dramatische Dichlungen von Grabbe. Nebst eïnerAbhandlung ueber die Shakspearo-manie; 2 vol. Francfort 1827.