28
IXTIlonUCTIOX
mais, folies charmantes ou puérilités sérieuses, toutcela n'est encore qu'un prélude. La grande mélodie,qui est l’âme de ce poëme, c’est le duo d’Almansoret de Zuleima.
La fête est finie ; dames et cavaliers, en litière ouà cheval, sont sortis du château. Toutes les lu-mières sont éteintes; on n’en voit plus qu’une seulebriller à une fenêtre sur laquelle sont attachés lesyeux d’Almansor. Oh ! qu’il la connaît bien, cettefenêtre ! Pendant les nuits d’été, à cette même place,combien de fois il a fait résonner son luth, jusqu’àce que la bien-aimée parût au balcon et lui répon-dit avec sa voix si douce ! Précisément, — admirezcomme le hasard sert bien les amants et les poètes,— le luth se trouve encore là. Il le prend, il essaiesi le mélodieux talisman n’a pas perdu son pres-tige, il chante une vieille chanson arabe; Zuleimal'entend et tressaille. La voici qui paraît au balconde sa fenêtre : elle reconnaît Almansor, elle l'inter-roge, elle écoute le récit de ses douleurs, elle évo-que avec lui les souvenirs de son enfance, elle évo-