INTRODUCTION
toutes les salles retentissaient du bruit des fanfares.Caché dans l’ombre, il assiste à la fête. « En vérité,dit-il avec un soupir amer, la musique est bienjolie. Seulement, c’est dommage, lorsque j’entendspétiller les sons métalliques des cymbales, je sensau cœur mille morsures de vipères; lorsque j’en-tends la voix douce et prolongée du violon, unelame tranchante me traverse la poitrine; lorsquej’entends au milieu des mélodies éclater le cri destrompettes, c’est comme un trait de la foudre quime frappe aux jambes jusqu’à la moelle des os, etlorsque j’entends le tonnerre sourd et menaçantdes timbales, des coups de massue me tombent surla tête. » Ces coups de massue sont inquiétants; se-rait-ce les préludes de la folie? Je le croirais volon-tiers ; Almansor est déjà un peu fou, et le jeunepoète aussi, puisque la douleur lui inspire de siétranges déclamations germaniques avec accompa-gnement de concetti italiens. Posté devant les fe-nêtres, Almansor déroule les contrastes qu’il aper-çoit entre cette maison en fête et son cœur désolé,
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