INTRODUCTION
17
Henri Heine, en véritable humoriste, s’amuse par-fois à placer des marionnettes à côté des vivantspersonnages de son poëme ; ce bon Àly, qui se con-vertit si aisément et paraît tout surpris qu’Abdul-lah, le type du patriotisme arabe et de la fidélitémusulmane, ne se soit pas empressé de l’imiter, cebon Aly, comme l'appelle l’auteur, mériterait sansdoute un autre nom. On peut admettre au contraire,comme des inventions excellentes, quelques figuresfranchement et satiriquement comiques que l’au-teur fait intervenir dans le développement du drame.Il y a là un certain Pedrillo, serviteur d’Aly, qui achangé de religion comme s’il eût changé de livrée.Son maître, en se convertissant, a converti toute savaletaille. Pedrillo en est encore tout ahuri. Le pau-vre diable s’embrouille au milieu des noms espagnolssubstitués aux noms arabes, et si quelque juron ma-hométan éclate sur ses lèvres, il se hâte d'en retran-cher la moitié pour la remplacer par un juron chré-tien. Inutile de dire que, sa religion lui ayant étéimposée, il n’en sait pas le premier mot. Sa niaiserie