ces rayons de la lune qui sèment son chemin d’é-pouvantails, ces serpents qui sifflent sous les fleurs,ces nuages qui jettent tout à coup leur voile blafardsur le monde éblouissant, ce monde enfin qui n’estqu’un laboratoire de magie, un atelier de maléficesdirigés contre son amour, tout cela se trouve déjàdans cette première tragédie, cri douloureux d'uneâme blessée.
Avec ces capricieux humoristes, on craint tou-jours d’être dupe. Est-ce pour se jouer du lecteurque le poète accumule tout à coup tant de singu-lières images? A-t-il voulu parodier le style du sujetet railler lui-même sa passion? Oh ! non, la raillerieaura bientôt son tour ; ici Henri Heine est sincère, etfine faut attribuer qu’à l'ardeur de la jeunesse l'exu-bérance de son langage. Dans le plan primitif dupoète, c’est là que finissait le premier acte; troisscènes seulement, l'arrivée d’Almansor, le combatdans les ténèbres, l’entretien du jeune Maure et duvieux serviteur, formaient l’exposition. Plus lard,soit que le peu de succès obtenu sur la scène l'ait