INTRODUCTION
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c’est dans mon cœur que je porte le turban. »Us peuvent donc s’entendre encore, le vieux ser-viteur et le jeune maître; ils peuvent évoquer lessouvenirs du jour funeste qui les a si cruellementséparés. Ici commence un dialogue où les gémisse-ments se confondent et qui rappelle par instantsquelques scènes célèbres de l’antique tragédie. Lerêveur qui va se livrer tout à l’heure à une imagi-nation si fantasque, le poète qui va emprunter à lalangue de Shakspeare ses plus folles images, sesmétaphores les plus violentes, s’est souvenu desPerses ou de Y Œdipe à Colone pour peindre le con-tre-coup dos grandes catastrophes. Comme on aper-çoit le désastre de Xerxès à travers les lamentationsqui remplissent le palais d’Atossa, ainsi l’on voit lachute de Grenade dans les récits désolés du vieillardet de l’enfant. Il y a des moments où le vieillardéclate en sanglots, conjure Allah d’effacer de soncerveau ces horribles' images, l’image de la victoiredu Christ et de l’expulsion des rois maures ; il y re-vient toujours cependant, il a soif de ces souvenirs