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d’âmes énergiques, qu’on appelle du caractère.Les hommes, pour la plupart, sont des piècesde monnaie dont l’empreinte est efîacée. Dansle nombre de ceux dont on prônait autrefois lepatriotisme , combien de déserteurs qui, deslentes d’Israël, ont passé dans le camp des Phi-listins! Et quelles causes ont opéré cet ignoblechangement? presque toujours des intérêts defamille ou d’amour-propre à ménager. Un re-gard affectueux et protecteur que le prince lais-sait tomber sur eux, a suffi quelquefois pour lesenivrer de joie, les gonfler d’une vanité puérile,altérer leur doctrine politique et modifier leursdiscours. Voilà ce qu’on a vu et ce qu’on verra.Voilà pourquoi le courage civil, toujours calme,est si rare chez une nation bouillante, et dansun pays où le courage militaire paraît inné. Lesméticuleux et doux, plus nombreux que les mé-dians , ontdonné lieu au proverbe : Ily ades genssi bons, qu’ils ne valent rien. La même raisonexplique pourquoi la probité politique est moinscommune que la probité civile, qui, cependantne l’est pas trop. Plusieurs fois on a entendu deshommes constitués en dignité, qui disaient : Jene mets pas ma conscience dans les aflaires poli-tiques. Malheureux! où la placez-vous donc? Lavraie politique n’est-elle pas une branche de la