XXVI)
que celui du libelliste, qui réunit le triple carac-tère de la calomnie, de la lâcheté, de la cruauté.Heureusement, par cette raison même, le poisonse neutralise en ses mains. Un libeliiste ne peutflétrir une réputation, qu’en donnant deséloges.
Les faits récens sont, dit-on, le domaine de l’ad u-lation ou de la satire. Ici on exalte jusqu’au cielcelui qu’ailleurs on précipite en enfer, quoiqu’ilne soit ni un saint, ni un démon. Citez-nous unhomme public qui ait échappé aux poignardsde la calomnie. Quand on voit Bossuet accusépar Voltaire, de s’être marié, et parFénélon,d’avoir révélé un secret non moins sacré quecelui de la confession , l’individu placé sur uneligne très-inférieure pourrait-il se croire à l’abrides atteintes?
Cependant ce malheur n’est pas sans com-pensation. ]N’est-ce rien, que d’avoir un moyensûr de discerner les vrais des faux amis, d’avoirun stimulant de plus pour se conduire de ma-nière à faire rougir les imposteurs, si toutefoisils en sont capables ? Au surplus, quand, dansles événemens particuliers de la vie , commedans les révolutions des empires, on entrevoitune main céleste qui dirige tout ; quand , par