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sont des libérateurs, et non pas des conquérants. Hon-neur immortel aux souverains qui ont pu donner aumonde un pareil exemple de modération dans la victoi-re ! Que d’injures ils avoient à venger ! Mais ils n’ontpoint confondu les Français avec le tyran qui les op-prime. Aussi ont-ils déjà recueilli le fruit de leurmagnanimité. Ils ont été reçus des liabitans de Pariscomme s’ils avoient été nos véritables mpnarques, com-me des princes français, comme des Bourbons. Nousles verrons bientôt, les descendans de HenriIV ; Alexan-dre nous les a promis ; il se souvient que le contrat demariage du duc et de la duchesse d’Angoulème estdéposé dans les'archives de la Russie. 11 nous a fidè-lement gardé le dernier acte public de notre gouver-nement légitime ; il l’a rapporté au trésor de nos char-tes, on nous garderons à notre tour le récit de sonentrée dans Paris, comme un des plus grands et desplus glorieux momimens de l’histoire.
Toutefois ne séparons point des deux souverainsqui sont aujourd’hui parmi nous, cet autre souverain quifait à la cause des rois et au repos des peuples, le plusgrand des sacrifices : qu’il trouve comme monarque etcomme père la récompense de ses vertus dans l’attendris-sement, la reconnoissance et l’admiration des Français !
Français! amis, compagnons d’infortune, oublionsnos querelles, nos haines, nos erreurs, pour sauver lapatrie; embrassons-nous sur les ruines de notre cherpays ; et qu’appelant à notre secours l’héritier de HenriIV et de Louis XIV, il vienne essuyer les pleurs de sesenfans, rendre le bonheur à sa famille, et jeter chari-tablement sur nos plaies le manteau de saint Louis, àmoitié déchiré de nos propres mains. Songeons quetous les maux que nous éprouvons, la perte de nosbiens, de nos années, les malheurs de l’invasion, lemassacre de nos enfans, le trouble et la décompositionde toute la France, la perte de nos libertés, sont l’ou-vrage d’un seul homme, et que nous devrons tous lesbiens contraires à un seul homme. Faisons donc enten-dre de toutes parts le cri qui peut nous sauver, le crique nos pères faisoient retentir dans le malheur commedans la victone, et qui sera pour nous le signal dela paix et du bonheur : Vive le Roi !