VALLEE DE I,A VESDRE.
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à Prayon, et pendant les hautes eaux jusqu a Ensival, prèsde Verviers ; mais sa navigation est sans importance, et en étéon n’y voit que des barques de pêcheurs. Il serait difficiled’imaginer des sites plus gracieux, plus agréables, plusvariés, que ceux arrosés par cette belle rivière, dont leseaux vives et le cours sinueux sont les plus beaux orne-ments du pays qu’elle parcourt. Ce ne sont pas là sans douteles scènes imposantes des Alpes et des Pyrénées, ces mon-tagnes immenses, ces pics toujours couronnés de glaciers,que les touristes admirent dans d’autres régions ; maisune vallée aux mille détours, bordée de rochers, traverséepar une route animée, embellie par des maisons de cam-pagne, des usines nombreuses, des ruines des temps féo-daux, et au milieu de cette nature à la fois riche et agreste,les travaux gigantesques du rail-way qui relie l’Escaut auRhin, de magnifiques ponts en pierre de taille, nombrede tunnels percés à grand’peine au travers des rochers ;en voilà assez pour retenir le voyageur dans cette char-mante contrée, et pour y ramener souvent ceux qui l’ontune fois parcourue.
L’exécution de la partie du chemin de fer entre Liège etla frontière prussienne a longtemps été retardée par lesdifficultés sans nombre que présentait cette entreprisegrandiose. Les deux chaînes de hauteurs qui étreignent lavallée de la Vesdre, le cours sinueux de cette rivière,l’existence de la chaussée qui la côtoie, la présence d’ungrand nombre d’usines qu’il a fallu respecter, et d’autresmotifs non moins importants , ne laissaient à l’administra-tion qu’un seul parti à suivre, celui de tracer une voie aurail-way sans reculer devant les obstacles. Après avoir tra-versé la Meuse au Val-Benoît, la voie ferrée sillonne la plaine