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PROVINCE DE LIEGE.
ron). L’institution d’une auguste cérémonie, la fête duSaint-Sacrement ou Fête-Dieu, jeta un nouveau lustre surce temple; elle fut établie en 1246, et célébrée pour lapremière fois à Saint-Martin. Une terrible catastrophe dé-truisit le temple élevé par la piété d’ÉracIe. Après la mortde l’évêque Thibaud de Bar, les nobles, dont la puissanceallait s’affaiblissant de jour en jour, résolurent de s’emparerde la ville à la faveur de la nuit ; assemblés au nombre deonze à douze cents sur la place du Marché, ils tententd’incendier la halle à la viande; mais les bouchers, préve-nus, étaient enfermés dans ce bâtiment ; ils en sortent aus-sitôt, et un combat terrible s’engage au milieu des ténèbres.Bientôt, le son lugubre du tocsin appelle tout le peuple auxarmes, et au point du jour, les nobles, accablés par lenombre toujours croissant de leurs ennemis, se voient re-foulés dans l’église de Saint-Martin ; ne pouvant forcer cetasile, défendu par sa massive construction et par le déses-poir des vaincus, le peuple y met le feu et voit périr dansles flammes ceux de ses ennemis qui avaient échappé aumassacre (1313). Deux cents chevaliers trouvèrent la mortdans le temple lors decet événement qui se perpétua dans lessouvenirs sous le nom de Mal-Saint-Martin. La chapelleplacée sous l’invocation du Saint-Sacrement est ornée avecbeaucoup de goût ; on y remarque surtout dix médail-lons en marin e de Gênes sculptés par Delcour.
Sainte-Croix, bâtie sur une hauteur qui domine la partiecentrale de la ville, est encore une basilique élevée parXotger, qui la fit construire sur l’emplacement du châteaude Badus Des Prez, pendant que ce chevalier voyageait enAllemagne. La tour octogone de celte église, en briques,est très-ancienne; le chœur et la nef sont de style ogival,