MAESTRICHT.
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de ses prélats. Les rois francs y eurent aussi un palais.
En vertu de donations des empereurs carlovingiens etde leurs successeurs, l’église de Liège avait des possessionsdans Maestricht, entre autres l’église de Notre-Dame ; maisles souverains se réservèrent l’abbaye ou chapitre de Saint-Servais, qu’ils donnèrent à l’église de Trêves, et qui,plusieurs fois usurpée aux ix e et x e siècles par le ducRené au Long Col et ses descendants, fut enfin cédée auduc de Brabant, Henri I er , par l’empereur Frédéric II,en 1214. A partir de cette époque, Maestricht demeurasujette de l’évêque de Liège et du duc, par indivis ; chacunde ces princes y avait sa justice et exerçait sa juridiction surles personnes qui lui étaient soumises. Il fut alors stipuléque ceux-là seraient sujets de l’évêque, qui seraient nésdans la ville d’une mère liégeoise, ou qui, étant nés Lié-geois, viendraient s’établir à Maestricht. Les bourgeoisfils d’une mère brabançonne, ou venus d’un autre paysque l’évêché, devaient, au contraire, être sujets du duc.
Maestricht fut plusieurs fois attaquée par les habitantsde Liège, cette cité servant d’ordinaire de refuge aux évê-ques, quand ils étaient en contestations avec leurs commu-nes, aussi turbulentes que celles de la Flandre. Jean deBavière s’y retira en 1407, Louis de Bourbon y cherchaplusieurs fois un asile; le fameux Guillaume de La Marck,surnommé le Sanglier des Ardennes, y fut décapité le 20juin 1485.
En 1550, l’empereur Charles-Quint unit à perpétuité laville de Maestricht au duché de Brabant ; ce qui ne portatoutefois aucune atteinte à la juridiction et aux droits del’évêché. En 1576, Maestricht ayant pris le parti des États,les redoutables soldats espagnols coururent au secours de