240
PROVINCE DE HAINAUT.
bituels Soissons et Paris, après qu’il eut conquis la Gaule,depuis la Somme jusques aux Pyrénées. En 575, le roiChilpéric y fut assiégé par son frère Sigebert, et la villeétait au moment de se rendre, quand deux meurtriers,armés par la reine Brunehaul, frappèrent Sigebert d’uncoup mortel ; cet événement imprévu rendit à Chilpérictout ce que la guerre lui avait enlevé.
Tournai, dévastée en 882 par les Normands, resla pen-dant longtemps entièrement déserte, la majeure partie deses habitants ayant fui à Noyon, dont l’évêque gouvernaità la fois les deux villes et leurs territoires. Rétablie en 912,elle se repeupla, s’agrandit et devint bientôt une ville con-sidérable , dont les habitants obtinrent de bonne heure degrandes libertés. Pendant longtemps elle resta sous la pro-tection des comtes de Flandre, qui y partageaient l’autoritéavec les évêques de Noyon (auxquels succédèrent en 1147des évêques de Tournai), et avec des châtelains, dont lespossessions s’étendaient au loin sur les deux rives de l’Es-caut. En l’année 1187, le roi de France Philippe Augustey fit reconnaître son autorité, ce qui causa bien des mauxaux contrées avoisinantes, car depuis elles furent constam-ment ravagées chaque fois que la guerre éclata entre laFrance et la Flandre.
En 1305, après la bataille de Court rai, les Flamands, aunombre de cinquante mille environ, vinrent assiégerTournai; mais ils ne purent réussir dans cette entreprise,car la ville avait été fortifiée avec beaucoup de soin pen-dant les années précédentes. En 1340, pendant la guerreentre le roi de France, Philippe de Valois, et le roi d’An-gleterre. Edouard III, elle fut entourée par une armée for-midable, que quelques auteurs font monter à cent mille