216 TROVINCE DE LA FLANDRE OCCIDENTALE.
reste à peine de faibles traces des puissantes murailles quilui permirent de soutenir, en 1584, pendant six semaines,les attaques d’une armée du roi de France, Charles VI,forte de 80,000 hommes. La rivalité du port de l’Écluse,la décadence de Bruges et l’envasement du Zwyn firentdéchoir Damme du rang où son heureuse situation l’avaitplacée.
Quelques petits villages voisins, Munnikercde, Houke,Mude, situés près du même cours d’eau, ont eu aussi desjours de prospérité, de grands privilèges, des foires, maisils n’ont pu s’élever au niveau des opulentes cités voisines,et la proximité de celles-ci a plus d’une fois attiré sur euxde grands malheurs.
Les côtes de la Flandre sont défendues contre la mer pardes dunes ou des monticules de sable. Mais celles-ci, con-tinuellement déchirées par les vagues, ont, dans les sièclespassés, été constamment repoussées vers l’intérieur. Pourarrêter les invasions de l’Océan, on a adopté un nouveausystème, qui consiste à prolonger des jetées en mer, pourreconquérir l’estran envahi. Ces travaux sont surtout néces-saires aux environs de Blankenbcryhe (2,125 li.), bourgadehabitée par une population qui vit uniquement du produitde la pêche et qui a conservé avec un soin religieux lecostume de ses ancêtres. On s’y rend souvent de Bruges enpartie de plaisir. Ce port, si on peut appeler ainsi une loca-lité où les bateaux s’échouent sur la grève , a remplacé unautre port appelé Scarphout et détruit, en 1554, par uneépouvantable tempête, ainsi qu’un grand nombre de villa-ges de la Flandre, de la Hollande et de la Frise; partout lamer avait rompu ses digues.
Le chemin de fer de Bruges à Ostende parcourt un pays