140 PROVINCE DE LA FLANDRE ORIENTALE.
fire contre des troupes aguerries ; après plusieurs combatsmalheureux, ils marchèrent avec toutes leurs forces versGavre, où le duc était campé. Leur infanterie, protégéepar une nombreuse artillerie, repoussa d’abord les cheva-liers de la Bourgogne et du Hainaul; mais l’explosion d’unchariot de poudre ayant jeté quelque désordre dans leursrangs, les archers picards, et ensuite la cavalerie du duc ,rompirent leurs lignes et les mirent en déroute. Une troupede Gantois, refoulée vers l’Escaut, se défendit avec achar-nement et fut entièrement massacrée. Le duc, qui avaitfailli périr sous les coups de ces braves, s’écria en considé-rant le champ de bataille : « Qu’ai-je gagné? c’étaient messujets! » (25 juillet 1455). Quatorze échevins et sept millehabitants de Gand étaient tombés en combattant pour ladéfense de leurs immunités ; la ville consternée demanda etobtint la paix.
A l’avénement de Charles le Téméraire, ce prince, s’étantrendu à Gand, fut obligé de rendre à la commune ses an-ciennes prérogatives ; mais après qu’il eut vaincu les Liégeois,la crainte de sa puissance engagea les métiers à venir luiremettre leurs privilèges et à lui demander pardon (1409).A peine la nouvelle de sa mort et de la bataille de Nancyétait-elle parvenue en Flandre, que le torrent populaireemporia de nouveau les digues qui le contenaient. La du-chesse Marie de Bourgogne ne put empêcher l’arrestationdes deux plus fidèles conseillers de son père, le chancelierHugonet et Guy de Brimeu, sire d’Humbercourt; vaine-ment, au moment de leur supplice, elle essaya d’obtenirleur grâce ; sa beauté, ses supplications, ses larmes, nepurent désarmer un peuple furieux (5 avril 1477). Quelquetemps après, on célébra à Gand le mariage de Marie et de