138 PROVINCE DE LA FLANDRE ORIENTALE.
munes flamandes ne consultaient que les intérêts de leurcommerce, et profitaient de la lutte entre les deux puis-sances pour accroître leurs prérogatives. Elles ne voulaienttoutefois porter aucune atteinte aux droits de leur comte,et quand d’Artevelde proposa de reconnaître pour souve-rain le prince de Galles, il excita un vif mécontentementqui amena sa mort. On sait qu’il fut assassiné à Gand, le 17juillet 1545, par le peuple ameuté.
Le comte Louis mourut l’année suivante à Crécy; sonfils, qu’on appelait de même et qu’on surnommait deMâle, ne put rentrer en possession de son héritage qu’aumoyen de larges concessions. Son amour du luxe et saprodigalité amenèrent bientôt de nouveaux troubles, etce fut sous son règne que Philippe d’Artevelde, fils deJacques, fut élevé par les Gantois au poste de ruwart ourégent. Vaincue à Roosebeke, celle indomptable bourgeoi-sie , sans s’effrayer de la mort de son chef et de la sou-mission des villes d Ypres et de Bruges au roi de France etau comte, continua pendant plusieurs années la luttequ’elle soutenait. Philippe le Hardi , duc de Bourgogne,qui succéda en 1384 à son beau-père Louis de Mâle, neput fléchir sa résistance qu’en lui accordant une paix ho-norable. Un long repos suivit cette période d’agitations ; etdepuis la réunion des provinces belges sous la dominationdes ducs de Bourgogne, réunion qui s’opéra vers l’an 1450,la Flandre cessa d’avoir une existence distincte, et son his-toire se confondit avec celle du reste du pays.
La province delà Flandre Orientale se compose, commel’indique suffisamment son nom, de la partie de l’anciencomté de Flandre qui s’étend vers l’est. Pendant longtempsson territoire a été morcelé en deux parties. annexées à