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PROVINCE D’ANVERS,sidérable, et au commencement du xn e siècle, on n’y trou-vait pas une seule bourgade importante. La fondationdes abbayes de Prémontrés de Tongerloo, Averboden etPostel, fut le premier pas fait pour arracher cette contréeà son état sauvage, et bientôt après, les ducs de Brabant,Godefroid 111 et Henri I er , ce dernier surtout, y fondèrentun grand nombre de villes franches. Celles-ci attirèrent lesartisans et les commerçants, tandis que les abbayes défri-chaient les terres incultes que leur abandonnait la piété desfidèles.
C’est aux guerres du xvi® siècle qu’il faut attribuerl’état stationnaire dans lequel est restée la Campine jusquedans ces derniers temps. Pendant près de soixante-dixans (1580-1G48), elle fut constamment, pour ainsi dire, lethéâtre de la guerre entre l’Espagne et les Provinces-Uniesdes Pays-Bas. Ses bourgades et ses campagnes, périodique-ment livrées à la dévastation, perdirent la plupart de leurshabitants. Après le traité de Munster, qui morcela laCampine entre les deux partis belligérants, ce pays, depart et d’autre, ne fut plus considéré que comme unefrontière, et comme tel, il n’attira jamais la sollicituded’aucun des deux gouvernements.
Bien qu’on ait depuis quelques années travaillé surnombre de points à rendre à la culture ce recoin du pays,le quart du territoire de la province d’Anvers (74,000hectares) consiste encore en bruyères. Dans ces landes, lesol se compose entièrement de sable pur, et n’offre pasde terre végétale. En beaucoup d’endroits, le sable re-couvre des bancs de pierres ferrugineuses, que les racinesdes arbres ne sauraient percer, et qui, pour cette raison ,sont funestes à toute plantation de bois. Le défaut de pente