LOUVAIN.
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La ville de Louvain ne se releva jamais du coup funesteque lui porta ce long enchaînement de révoltes, de sièges,de paix achetées à prix d’argent; un grand nombre d’ar-tisans furent bannis et portèrent en Angleterre leur expé-rience dans l’art de fabriquer des étoffes. D’autres parcou-rurent longtemps le pays, et, sous le nom de Sangliers,dévastèrent ses campagnes ; mais poursuivis à outrance ,ils périrent successivement ou s’éloignèrent. Pour arrêterla décadence de Louvain, Jean IV , grand ami des let-tres, la dota en 1426 d’une université, depuis quatresiècles son principal titre de gloire. Son commerce, pourlequel la commune a fait construire en 1750 le beaucanal qui va rejoindre le Rupel, consiste principalementen grains et en bière, dite de Louvain, dont il s’exportedes quantités considérables. Sa population, qui n’a jamaisrempli la vaste enceinte construite au xiv e siècle, et quidans les derniers siècles allait toujours en déclinant, s’élèveaujourd’hui à 24,600 âmes.
Dans plusieurs occasions, les Louvanistes ont fait preuved’intrépidité. Le général gueldrois, Van Rossem , qui par-courut le Brabant en 1545 avec un corps de troupes peuconsidérable, sans qu’on se présentât pour le combattre ,les attaqua inutilement; en 1582, un assaut donné aumilieu de la nuit par les garnisons calvinistes des villesvoisines n’eut pas plus de succès; en 1655, une armée con-sidérable de Français et de Hollandais, conduits par le princeFrédéric-Henri de Nassau, un des plus habiles guerriers dutemps, ne put s’emparer de la ville, dont la défense couvritde gloire le commandant Grobbendonck. Enfin en 1710 lepartisan français Dumoulin , qui avait pénétré à l’impro-viste dans l’ancienne capitale du Brabant, fut repoussé par