LOUVAIN.
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Les privilèges obtenus par ses habitants avaient de bonneheure donné un grand élan à leur industrie. Au moyen âge,on évaluait leur nombre à 200,000 âmes (chiffre qui devrait,à ce qu’il semble, être réduit de moitié, ce qui serait encoretrès-considérable), et on comptait parmi eux des milliersde tisserands. On rapporte même que le nombre des ou-vriers y était si grand, qu’il fallait sonner la cloche à midi,au moment où ils retournaient chez eux, afin que lesparents retirassent leurs enfants des rues. La puissance desmétiers amena des guerres civiles, qui se terminèrent parl’exil des plus audacieux artisans. Des dissensions terriblesdurèrent presque sans interruption de 1360 à 1383.
L’officier du souverain ou mayeur, appelé Pierre Cou-trel, fut le premier auteur de ces divisions. Il voyait avecjalousie la toute-puissance des sept familles patriciennes,associations composées des bourgeois nobles et en posses-sion de donner des magistrats à la ville. Il souleva contreelles les métiers en réclamant pour ceux-ci une part dansla magistrature. Une insurrection renversa en 1360 l’an-cien gouvernement municipal. Le duc Wenceslas réunitl’année suivante une armée pour réduire Louvain, mais onobtint par des négociations son adhésion à la révolution.Les troubles continuèrent toutefois et amenèrent un nou-veau siège qui se termina, le 8 février 1362, par un accordà peu près semblable au précédent. Coutrel, qui s’étaitrendu odieux, quitta la ville et alla demeurer au villaged’Asten en Campine. Après avoir été déclaré ennemi de lapatrie par ses adversaires redevenus dominants, il fit lapaix avec eux et cessa de prendre part aux troubles quiensanglantaient Louvain.
Ces déchirements renaquirent quelques années plus tard,