BRUXELLES.
27
réalité si solide. On prétend que l’architecte de la tour,Jean Yan Ruysbroeck, se pendit après l’achèvement deson ouvrage , parce qu’il ne l’avait pas placée au milieu dela façade. C’est là un conte inventé après coup.
L’intérieur de la maison commune est très-vaste. L’an-cienne salle du magistrat, dite la salle du Trône, est remar-quable par son étendue et son ornementation. Celle dite duChrist intéresse par les souvenirs de son passé. C’est là quese réunissaient les neuf nations de Bruxelles, composéesdes gens des métiers. Le consentement de ces corporationsredoutables, indispensable pour le vote des aides de-mandées par le gouvernement, fut souvent refusé, et biendes fois on vit dans celte salle les métiers rester en perma-nence et refuser de se séparer, avant qu’on eût satisfait àleurs réclamations. Les salons occupés autrefois par lesétats de Brabant sont meublés avec magnificence. On yarrive par une galerie dans laquelle on voit une suite deportraits en pied d’anciens souverains. La salle principale,dans laquelle délibéraient autrefois les états et où se réunitaujourd’hui le conseil communal, est ornée déglacés, dedorures et de tapisseries de haute-lisse, exécutées par Ley-niers sur les dessins de Janssens. Ce dernier a peint le pla-fond , qui passe pour son chef-d’œuvre et qui représentel’Assemblée des Dieux. Dans d’autres appartements con-tigus, les tapisseries représentent la vie de Clovis.
En face de l’Hôtel de Ville est la maison dite au Pain oudu Roi, construite de 1515 à 1525 , dans un style moitiégothique et moitié renaissance, d’après le plan donne parAntoine Keldermans, architecte du roi Charles, depuisCharles-Quint. Sa façade est ornée d’une statue de la Vierge,placée en 1025 par l’infante Isabelle. Ce beau bâtiment