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PROVINCE DE BRABANT.
été réparées avec goût. II serait à désirer que les pro-priétaires des autres maisons imitassent cet exemple ; laGrand’Place offrirait alors un coup d’œil unique.
Cette place, aujourd’hui si paisible, a vu depuis sixsiècles bien des émeutes et bien des révolutions. Elle a aussitoujours été le théâtre ordinaire des tournois et des exécu-tions. Philippe le Bon, Charles-Quint, y ont donné des fêtesbrillantes; sous Philippe II, il s’y est passé de plus tristesscènes. C’est là que les comtes d’Egmont et de Hornesont perdu la vie sur l’échafaud, le 5 juin 15G8; là quel-ques années plus tard, en 1579, ont lutté la garnisonde Bruxelles, aidée par les bourgeois calvinistes, et lestroupes du jeune comte d’Egmont, qui voulut en vain ré-tablir dans la ville la domination espagnole. Là est encoretombé en 1719 le vieux doyen Agneessens, qui défenditavec tant de courage et d’obstination les libertés des corpsde métier, coupable peut-être, mais certainement animéde bonnes intentions; arrêté par surprise et condamné àmort, il rappela à ses juges qu’il est un tribunal suprêmedevant lequel ils devaient un jour comparaître, et il montaà l’échafaud avec fermeté. Les annales locales pourraienten quelque sorte se résumer dans l’histoire de la place,ou dans celle de la maison communale qui en est le plusbel ornement. A toutes les époques, c’est là qu’a fermentéla fureur populaire.
Citons encore au nombre des belles places de Bruxellesle Nouveau Marché aux Grains; la place de la Monnaie,entourée du Théâtre, de la Bourse, de la Monnaie etdes plus beaux cafés de la capitale ; enfin la place deSaint-Michel, dite aujourd’hui des Martyrs ; au milieude cette dernière, qui date de 1775 , on admire le beau