10 PROVINCE DE BRABANT.
Bruxelles, Godefroid le Barbu, créé duc de la Basse-Lo-tharingie en 1106, transmit à ses descendants ce nouveautitre, qui fut dans le xni e siècle remplacé dans le langageordinaire par celui de duc de Brabant. Neuf princes dela maison de Louvain, les trois Godefroid, les trois Henri,les trois Jean , le portèrent successivement. Leur vaillancehéréditaire les rendit redoutables, et les plus grands monar-ques recherchèrent leur alliance. Quel homme que ceHenri I er , dontle long règne, de plus de soixante ans de durée,fut une suite non interrompue d’expéditions militaires ! EtJean 1 er , ce type de la chevalerie libérale, courtoise etamoureuse du xm e siècle, ce capitaine valeureux qui brisaà W oeringen la ligue des comtes de Gueldre et de Luxem-bourg et de l’archevêque de Cologne, et qui finit dans untournoi une vie qu’il avait si souvent exposée dans les ba-tailles et dans les joutes ! Jean III ne le cédait pas en qua-lités brillantes à son aïeul ; lui aussi montra qu’il n’a-vait pas dégénéré, quand il répondit par un chant deguerre au défi que lui apportaient les hérauts de dix-septprinces.
Le Brabant déclina sous l’administration de Jeanne, filleaînée de Jean III, et de son indolent mari, Wenceslas,duc de Luxembourg. Il perdit sa considération au dehorset de sanglantes émeutes troublèrent sa tranquillité. Jeanneeut pour héritier son petit-neveu Antoine, fils du duc deBourgogne, Philippe le Hardi, et petit-fils de Margueritede Brabant. La nouvelle dynastie dont Antoine fut le chefs’éteignit en la personne des deux fils de ce souverain, suc-cessivement investis de la puissance ducale : Jean IV , dontle règne ne fut qu’un long orage , et Philippe de Saint-Pol,qui ne survécut pas longtemps à son frère. En 1450, l’an-