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Charlemagne. L’épée de ces vaillants chefs arrête les Sar-rasins qui menaçaient d’envahir toute l’Europe, et lesSaxons dont les victoires auraient fait reculer de plusieurssiècles la civilisation. Cependant arrivent les Normands, etaprès eux le morcellement du vaste empire du grandCharles. La Belgique neustrienne, ou comté de Flandre,devient un fief du royaume de France; la partie austra-sienne de la Belgique forme quelque temps un royaumeparticulier sous le nom de Lotharingie ou royaume deLothier, puis reconnaît après maintes vicissitudes la suze-raineté des empereurs d’Allemagne.
Pendant les temps féodaux, le pays fut morcelé en étatsindépendants : les duchés de Brabant, de Limbourg et deLuxembourg, les comtés de Flandre, de Hainaut, de Na-mur, l’évêché de Liège, la seigneurie de Malines, la prin-cipauté de Stavelot. C’est alors qu’on vit les Belges prendreune large part aux croisades et aux guerres entre la Franceet l’Angleterre, tandis que leur pays, malgré de fréquentesrévolutions, s’enrichissait par le commerce et l’industrie.
Au xv e siècle, Philippe le Bon réunit ces domaines auduché de Bourgogne. Seuls, l’évêché de Liège et la princi-pauté de Stavelot continuèrent pendant plus de quatre centsans une existence distincte. Le règne de Philippe fut longet prospère ; il attira à sa cour un grand nombre de savantset d’artistes, parmi lesquels brillèrent Hubert et JeanYan Eyck, les fondateurs de la première école de peintureflamande. Charles le Téméraire, son fils, se rendit redou-table à ses voisins et se vit au moment de ceindre la cou-ronne royale ; mais ses projets gigantesques, poursuivisavec obstination, causèrent la ruine de sa puissance. Il futvaincu par les Suisses à Granson et à Morat, et mourut