2 COUP D’OEIL GÉNÉRAL,
calamiteuses de leur histoire, n’ont cessé d’étendre leurcommerce, de pousser leur agriculture à un degré de per-fection rare, d’imiter les produits manufacturiers de leursvoisins, et de consacrer une partie du fruit de leurs tra-vaux à l’embellissement de leur patrie.
C'est à juste titre qu’on a décoré la Belgique du nomd’Italie du nord. Où rencontrer d’ailleurs tant de villes àpeine distantes de quelques lieues, glorieuses de leur passé,riches en objets d’art, les unes plus commerçantes, lesautres industrieuses, les dernières enfin populeuses encoremalgré la disparition de leur ancienne prospérité ? Et ce-pendant combien ce beau pays , jeté comme une pommede discorde au milieu de l’Europe occidentale , n’a-t-il paseu de traverses à essuyer! Combien de fois ses plainesn’ont-elles pas vu combattre les armées des puissancesvoisines !
Conquise par les légions romaines, après la destructionpartielle de plusieurs des peuplades qui l’habitaient, les Ner-viens , les Àduatiques, les Éburons, la Belgique devientl’extrême frontière nord de la Gaule, et ses campagnes , sescités, sont périodiquement livrées aux invasions des Ger-mains. Quand la corruption des mœurs et les guerres civilesamènent la chute de l’empire romain , les Francs Saliens ,conduits par le roi Clodion, s’y établissenten maîtres (428), etpendant un siècle Tournai est leur ville capitale. Dansles temps qui suivent la mort de Clovis, notre paysest partagé en deux parties inégales dont l’Escaut formela séparation, et dépendant l’une de la France orientaleou Austrasie, l’autre de la France occidentale ou Neustrie.Bientôt il reçoit le christianisme et donne au monde chré-tien Pépin de Herstal, Charles-Martel, Pépin de Landen ,