— 12 —
avaient déjà leur composition actuelle. En effet, sur l'aquarelle du vitrail de 1642, appartenant à M. Jules Franck,dont il est question plus haut, le blason de Peter N° 4 est en tous points semblable à celui du bourgmestrePeter N c 12, son neveu.
A propos de ce dernier, nous signalerons cependant le fait que M. Henri Zetter (N° 85 § 1), détient parvoie d'héritage deux jolies gouaches, reproduisant le blason du bourgmestre avec l'inscription du nom de celui-ci,mais exécutées de deux manières différentes. L'une d'elles donne les armoiries exactes, tandis que sur l'autre ilmanque les deux sceptres en sautoir, ainsi que la fleur-de-lis-, l'écu ne présente que les trois étoiles d'or, surchamp de gueules. Elles sont reproduites sur le buste du cimier. D 'un autre côté, M. Gaston Save, artiste-peintreà Nancy, petit-fils de Daniel N° 76, possède une gouache de la même époque, également au nom du bourgmestre,qui est au complet. Les trois dessins sont d'une même facture et finement exécutés.
Il n'y a pas lieu, suivant nous, de s'arrêter à la variante sans les deux sceptres. La science héraldique n'ajamais été cultivée à Mulhouse d'une manière irréprochable et, à aucune époque, l'autorité n'a établi de contrôlesur les armoiries portées par les bourgeois et par les manants. Aussi trouve-t-on très fréquemment des écussons,notoirement connus, chargés d'additions dues à la profession exercée ou présentant des omissions inexplicables.Souvent aussi, l'intéressé laissait le cimier intact, mais remplaçait les meubles de l'écu par un chiffre de commercequelconque.
On trouvera en tête de ces Tableaux généalogiques un fac-similé de l'une des gouaches, la plus complète,de M. Henri Zetter. Malgré ses légères imperfections héraldiques, provenant de ce qu'au commencement duxvm e siècle, on était déjà en pleine décadence de l'art héraldique, sa reproduction fidèle était indiquée, d'abordparce qu'il s'agit d'un document de famille authentique et d'un âge respectable, ensuite parce que l'auteur enest, suivant toutes apparences, Joiiannes Zetter N q 11, peintre-verrier comme son frère, son père, son oncle etson grand-père. Nous avons vu plus haut, à l'article qui le concerne, qu'il savait bien dessiner, puisque l'autoritéle chargea de dresser un plan détaillé de la ville et de son territoire.
Les armes des Zetter sont parlantes. Les deux sceptres — en allemand Zepter — y donnent, ou y prétendentdonner l'étymologie du nom de famille Zetter. La fleur-de-lis y fut mise ou pour remplir le canton vide en pointe,ou pour rappeler les services militaires d'un Zetter dans les armées du roi de France. Dans beaucoup d'armoiriesmulhousiennes la fleur-de-lis a cette dernière signification.
Les armes des Zetter se blasonnent comme suit : De gueules à deux sceptres passés en sautoir,accompagnés de trois étoiles, une en chef et deux en flanc, et d'une fleur-de-lis en pointe, le tout d'or.Cimier : Un buste cle carnation, sans bras, vêtu aux couleurs et des meubles de Vécu. Lambrequins :de gueules et d'or.
Rietstap, dans son Armoriai général, donne à la branche de Soleure deux masses d'armes au lieu dedeux sceptres et, sur le cimier, une fleur-de-lis seule, sans le buste issant. Informations prises, c'est une erreurde la part de cet auteur. Les Zetter de Soleure ont conservé les mêmes armes que ceux de Mulhouse.
Mulhouse , le 15 Février 1894.
ERNEST MEININGER
Secrétaire du Comité du Musée historique de Mulhouse.