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Ott intimide les foibles, 011 rafl'ermit les vacillaus, ou gagne ceuxqui tte sont pas encore ddcidös, & on s'avaiice armö de bittons pourpunir la eontraridte d'opinions. Un bras casse, une mäeboire em-port.ee, une oreille en lambeaux, sont les argumens que l'on rendphysiquement persuasifs. Si la Garde veut s'opposer au desordre,eile est elle-mßme vexöe, & forcee de se retirer. Alors le nouveauparti triomphe, il parcourt les rues, ayant une nrasique bruyanteä sa töte ; il s'arrete devant toutes les inaisons des ebefs de safaction, il y donne des aubades; & court ensuite s'enivrer le restede la journee dans les Cabarets, oii ees fthefs lern* ont fait pre-parer ä boire & a, manger.
Quand les motifs des plaintes seroient justes, une pareilleconduite n'est-elle pas toujours reprehensible, & ne devoile-t-ellepas la mefiance que ceux qui en sont les moteurs, ont de la jus-tice de leuv cause. Voici leur cbeval de bataille. II y a, disent-ils,des abus enormes dans 1'Administration de notre Republique ; nousles appercevons ; ne sonimes nous pas en droit d'en demander leredressement? Oui, saus doute, vous Ot.es en droit de le faire: maisla loi vous en donne les moyens, & vous devez la suivre. Vousavez au grand & au petit Conseil des reprösentans: ils sont devotre choix, & ce doit 6tre par leur canal que cbaque corps doitmanifester son opinion. Pourquoi s'ecarter de cette regle, & vou-loir que sur la demande de quelques particuliers, sur quelquesdemarches illegales, 1'Administration soit obligee de rendre comptede sa conduite? En admettant cette prdtention, eile ne seroit oc-cupOe qu'ä repondre ä des plaintes souvent mal fondees, qui ladistrayeroieut de ses devoirs essentiels. Mais, ajoutez-vous, le Con-seil est gagne, & ne fait que ce que les Cbefs veulent. Si celaest, e'est votre faute: pourquoi n'avez-vous pas mieux cboisi? Vousvoyez en quoi vous avez manque ; cbaque annde vous ehangez vosConseillers. Eii bien! rbparez cette annee l'erreur oü vous etestombe la precüdente, & vous Otes sürs que vos griefs seront re-dressOs. Vous pretendez ddfendre finterOt de l'Etat; prouvez-le, &nous suivrons dans l'instant vos etendards. Vous vous plaignezque les Bourguemaltres sOduisent les Conseillers, mais vous n'endonnez aucune preuve, & ils vous prouvent que vous n'avez pufaire admettre vos aberrations que par l'optique de l'or. Tontecause forcee ä employer ce moyen annonee sa turpitude.
Mais le Magistrat ne desire que la paix: il veut bien con-descendre il votre demande. II pourroit s'y refuser; il s'y prfete,parce qu'il ne craint pas la lumiere. Les comptes de la Ville vien-nent de vous fltre presentbs: ils sont c-lairs & nets. Vous accusezM. le BourguemaUre Dauven de s'ötre approprie des bois & des