ET SUR LKS OUVRAGES DE M. CARÊME. 3ll
sinici, quil lui accorda une ville pour récompense.
La fortune souriait à M. Carême, et son nometait prononcé clans toutes les cours. Mais sa penséele ramenait continuellement aux plans interrompusde sa jeunesse. 11 en reprit enfin l'exécution ; et aprèsavoir dit adieu aux palais des rois, il revint à Paris,où il publia successivement ses quatre principaux ou-vrages : le Cuisinier français , fruit de vingt-cinqans d investigations ; le Pâtissier royal, recueil decompositions suaves et gracieuses ; le Maftre-d'Hôtelfrançais , où brillent à la fois le praticien habile etl'aalministrateur consommé; enfin, le Pâtissier pit-toresque , livre lout-à-fait neuf, et qui valut à sonauteur le surnom de Palladio de la pâtisserie.
L'apparition de ces ouvrages fit d'autant plus desensation, qu'on n'était pas accoutumé à trouver dansles livres du même genre ni un esprit aussi analy-tique , ni une méthode aussi lumineuse, ni une éru-dition aussi variée. La partie biographique surtoutparut un modèle du genre : c'est là que M. Carêmepasse en revue tous les grands noms de la science cu-linaire , et qu'il fait à chacun sa part. II y prodigueles expressions de sa reconnaissance pour ses premiersmaîtres, et de son estime pour les disciples qui, surses pas , ont porté au plus haut point de perfectionle fini de la sauce , le coloris du rôt, et le galbe dufeuilletage. II cite avec admiration l'industrie de cefournier de la capitale , dont le four chauffe d'uncôté, tout en cuisant de l'autre des biscuits de Sa-voie; comme il retrace avec enthousiasme les tra-vaux du célèbre Tiroloy, du grand Avice, et del'immortel Laguipierre. Mais peut-être a-t-il coulé