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1 Pt. 1 (1843)
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CXXII
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ment vêtus, plusieurs salons qui précèdent la bellegalerie de tableaux, le prince vous reçoit; avecune bonne grâce parfaite. On entre sans être an-noncé par le fausset d'un faquin , qui, en estropiantvotre nom, fait rire toute l'assemblée; la simplicitérusse exclut ce cérémonial.

A six heures, on s'achemine vers une entre gale-rie , l'on trouve une table couverte d'un beau sur-tout chargé de fruits et de fleurs ; au premier.coup-d'eeil, on se croirait invité chez un descendant dePythagore. Le gourmet ne peut, comme en France,dévorer de ses regards le premier acte du dîner, nimarquer ses victimes ; ses jouissances sont encorcunmystère ; mais il aura le charme de la surprise:chaque cinq minutes on viendra tenter sa gourman-dise.

Ici, on ne souffre point de la lenteur ni de l'ein-barras d'un Amphitryon qui souvent a fa doubleprétention de se montrer écuyer tranchant et ai-mable conteur. Un maitre-d'hôtel très expéditif dé-coupe lestement sur les buffets le quartier de bœufde 1 Ukraine , le veau d'Arkangel, le sterlet du Vol-ga, et la dinde du Périgord. Tous les plats étant dou-bles et présentés par une foulje de valets intelligents,le service se fait à merveille, et l'on mange chaud.

Mais, en citant le côté brillant, faut-il bien foirela part de la critique. II y a un usage en Russie surlequel peu de gens prennent leur parti ; chaque foisqu on enlève l'assiette , on enlève aussi le couvert.Dans les grands dîners, il serait impossible d'avoirassez de vermeil ou d'argenterie pour la renouveler\ingt fois. Qu arrive-t-il, ou que peut-il arriver'