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1 Pt. 1 (1843)
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rapet, on ne peut se défendre d'un certain effroi ense voyant à cheval sur 1c bord de précipices de plu-sieurs centaines de pieds de profondeur. Du reste,rien n'égaie les regards; partout la même aridité; lesaffreuses montagnes brunes et rousses que l'on a vuesde la mer sont peut-être moins hideuses que cellesde l'intérieur, qui sont d'une couleur grisâtre , mé-langée de bleu et de couleur de chair, et qui appro-chent beaucoup des nuances de la flamme de punch oude la couleur d'un vase de terre qu'on a long-tempstenu exposé à un feu ardent. Pour toute verdure , ontrouve çà et quelques chétives plantations de pins,dont le triste branchage rappelle nos cyprès. Dansces lieux élevés, l'atmosphère est froide et humide ;une forte brume , que le vent chasse et fouette sanscesse dans la figure, cause une sensation désagréable.

Après une route de cinq milles, on arrive au tom-beau. Dans le cul-de-sac étroit d'une profonde valléeest un petit plateau de verdui'e, de cinquante pasd'étendue : croît une herbe haute et touffue ; quel-ques saules pleureurs ombragent ce lieu retiré ; unepetile source coule tout auprès.

C'est cet endroit qu'on appelle la vallée du silence.Dans ce lieu tranquille Napoléon venait souvent mé-diter et lire, assis sur le tronc incliné d'un saule;puis il se rafraîchissait à la source. II avait pris cetendroit en affection, et il le désigna pour sa sépul-ture.

Napoléon a cessé de vivre, et, comme il l'avaitdésiré, son corps y repose, enfermé dans une triplethâsse supportée par de petites colonnes. Sa tombe,profonde de six pieds , est creusée dans le roc; trois