Druckschrift 
1 Pt. 1 (1843)
Entstehung
Seite
XVIII
Einzelbild herunterladen
 

XVllj

chauffée sur 1c gril, (les pâles froids qui avaient paruprès de deux mois sur sa table. 11 se faisait encoreservir sur une purée de lentilles le combien d'unjambon qui avait été employé depuis long-temps.Le pauvre cuisinier ne tirait point de grandes sauces,ne pouvant faire de dépenses pour cela ; il ne pouvaitobtenir pour son travail aucun vin de la cave duprince, qui d'ailleurs ne fut jamais réputée(M. Grand-Manche n'était pas plus heureux pour le vin ). Monami, pour le peu qu'il en avait besoin , était obligede Tacheter chez un marchand de vin. Mais le com-ble de l'avarice du prince date du temps de l'empire :car il ordonnait aux hommes de sa maison et à ceuxd'extra, qui devaient servir les grands dîners, de nepoint présenter huit entrées sur les seize dont se com-posaient ses festins; et lorsque les convives deman-daient de ces entrées réservées, le maître-d'hôtel de-vait faire la sourde oreille. (O honte!) Cependantquelques personnes osaient s'en servir elles-mêmes ;mais les plus timides n'y touchaient point, et leprince avait beau jeu pour faire ses remarques surles entrées qui n'étaient point attaquées ou qui Fê-taient peu. O profanation de la gastronomie! lesgrosses pièces de pâtisserie de fond devaient servirtoujours, sans pouvoir être attaquées : cela était ex-pressément défendu par l'Amphitryon.

Molière a dit que le véritable Amphitryon estl'Amphitryon l'on dîne. On dînait mal chez l'ar-chichancelier de l'empire : donc il n'était pas véri-table Amphitryon. 11 n'avait point reçu du ciel cedon précieux et nécessaire à celui que la fortune