Il craignoit si fort qu'on ne le fit Prestre, qu'il fuioit tous-iours les villes où il n'y auoit point d'Euesque, de peur quemalgré lui on le fit ou Prestre, ou Euesque. Dieu fut le plusfort, & fallut passer par là. Car le peuple d'Hippone à viueforce se presenta à l'Euesque Valerius, pour lui donnerl'Ordre de Prestriſe. Le pauure Auguſtin plora tant, qu'il fitpitié à tout le monde, voiant sa tresprofonde humilité. Quisera donc Prestre, disoit le peuple, si Augustin n'en est pascapable? les meschants disoient qu'il ploroit parcequ'onl'auoit fait Prestre, & non pas Euesque. Ce saint homme fitvn monastere où il viuoit en commun auec des bons serui-teurs de Dieu. Le bon S. Valere Eueſque qui eſtoit Grec, &n'auoit pas le Latin à son commandement, fut le premierqui fit monter en chaire vn simple Prestre, pour prescherdeuant lui par son autorité. S. Augustin donc commença àpreſcher : mais ſi puiſſamment, qu'il eſtoit le maiſtre descœurs, & foudroioit les vices. Mille heretiques se souſleuerent en son temps, mais lui comme vn Hercules domta tousles monstres : aussi estoit il estimé generalement la hainedes heretiques, & le marteau qui les mettoit en pieces. Onle craignoit comme la tempeste, & Fortunat, Felix, Emeri-tus, Pascentius, les Manicheans, les Donatistes, les Pela-gians, les Circumcellions, & toute cette vermine infernalefut escrasée par la puissance de son profond scauoir, & parla pointe de son esprit inuincible. Ce que S. Augustin nescait pas, ce dit on, c'est ce que Dieu n'a pas reuele à l'Egli-se. Il composa tant de liures, que c'est tout ce qu'vn hommepourroit faire de les lire, & bien entendre en sa vie. Il a celade propre, que parmi les disputes il y gliſſe des aſpirations ſicordiales, qu'en mesme temps qu'il remplit les esprits desraions
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Abrégé des vies des principaux fondateurs des religions de l'église réprésentez dans le choeur des l'Abbaie de S. Lambert de Liessies en Haynaut : avec les maximes spirituelles de chaque fondateur
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