Druckschrift 
Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
Seite
351
Einzelbild herunterladen
 

DE TELEMAQUE. Liv. XX. 351& constante vertu; donnez-nous pour ôtage votre fils Métrodoreavec douze des principaux de votre Nation.A ces paroles Télémaque laisse relever Adraste, & lui tend lamain sans se défier de sa mauvaise foi : mais aussitôt Adraste lui lan-ça un second dard fort court qu'il tenoit caché. Le dard étoit siaigu & lance avec tant d'adresse, qu'il eut percé les armes de Té-lémaque, si elles n'eussent été divines. En même tems Adraste sejette derriére un arbre pour éviter la poursuite du jeune Grec. Alors celui-ci s'écrie : Dauniens, vous le voyez, la victoire est ànous ; l'impie ne se sauve que par la trahison. Celui qui ne craintpoint les Dieux, craint la mort. Au contraire celui qui les craint,ne craint qu'eux. En disant ces paroles, il s'avance vers les Dauniens,& fait signe aux siens qui étoient de l'autre côté de l'arbre, de cou-per le chemin au perfide Adra$te. Adra$te craint d'être $urpris, faitsemblant de retourner sur ses pas, & veut renverser les Cretois quise présentent à son passage. Mais tout-à-coup Telémaque promptcomme la foudre, que la main du Pére des Dieux lance du hautOlympe sur les têtes coupables, vient fondre sur son ennemi, il lesaisit d'une main victorieuse, il le renverse, comme un cruelAquilon abat les tendres moissons qui dorent la campagne. Il nel'écoute plus, quoique l'impie ose encore une fois essayer d'abuserde la bonté de son cœur. Il lui enfonce son glaive & le précipitedans les flames du noir Tartare, digne châtiment de ses crimes.Fin du vingtiéme Livre.SOM-